samedi 29 novembre 2008

L'été et la crème glacée

L'hiver installe à peine ses pénates que déjà nous pensons à la chaleur de l'été, à la plage, au camping, aux B.B.Q et aux délicieux cornets de crème glacée disponibles au bar laitier du coin. Toutes les saveurs nous font saliver, mais un dilemme s'impose toujours: un cornet de crème glacée molle ou un cornet de crème glacée dure? 

1 commentaire:

J. Walters a dit…

Je dis : dure. C'est bien connu, notre société aime la dureté avant la mollesse.

Partout, on raffermit, on endurcit, on botoxifie, on veut de la rigidité, du solide, du stable, du soutien.

Qu'on en finisse une bonne fois pour toutes, et la crème glacée sera notre fer de lance -- dur et infléchissable -- qu'on en finisse, disais-je, avec la molesse, signe ô combien reconnaissable de l'incertitude, de l'indécision, du joli petit coton ouaté noué sur les épaules du papa de famille, mou, mou, mou, qui une fois divorcé pour cause de molle lacheté déambulera le dos courbé, encore plus mou, dans une rue enduite de bitume tellement mou lui aussi qu'il faut le refaire aux six mois!

Que revienne l'ère de l'antisouplesse, des structures d'acier et du béton armé, que vienne le règne du dur, sous toutes ses formes, rectiligne, boulesque, cubique, qu'importe ses mensurations, que le dur soit dur, et que le mou s'affaisse comme il se doit, une fois pour toutes et à jamais!

Qu'importe ce qu'en diront les défenseurs de la balle molle, les partisans du mollusque au beurre à l'ail, les apôtres du molletonné fushia "d'intérieur", les intercesseurs du biftèque saignant-c'est-meilleur-parce-que-c'est-tendre ou les suppôts du gouvernement-minoritaire-qu'on-peut-mieux-surveiller-d'un-oeil-pendant-que-de-l'autre-on-regarde-les-doux-flocons-flottiller; il est révolu le temps de la tendresse, notre époque est à la résistance, à la rigidité, au dur qui dure, everlastingly hard baby oh yeah!

Et ça commence aujourd'hui avec l'abolition du symbole religieux le plus insidieux qui soit, j'ai nommé: la crème glacée molle. Que nous vivions enfin heureux et durs...

... béton comme cette séquence didactique!!!